Atelier-débat : " Droit et Migrations "

mercredi 24 février 2016
par  Universite Populaire Toulouse
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Espaces Marx, les Amis du Monde Diplomatique et l’Université Populaire de Toulouse invitent Marie-Laure Morin et Eva Mella, de la Cimade, le jeudi 10 mars à 20H30 à la Maison des Associations (place Guy Hersant, métro Empalot, Toulouse).

De 1820 à 1920, 60 millions d’émigrants ont fui l’Europe de la misère, des persécutions ou des guerres et il en fut de même de 1935 à 1950. La mondialisation libérale a encore accentué la mobilité non seulement des capitaux et des marchandises, mais aussi des êtres humains : la crise humanitaire touche déjà 60 millions de personnes et la crise environnementale va grossir le flux des réfugiés climatiques (désertification, montée des eaux, exode rural dû à l’accaparement des terres). Onze millions d’Arabes ont fui les exactions de Daech, d’Al Nosra et de Bachar El Assad. Beaucoup ont dû quitter les camps de réfugiés fin 2014 après la chute des fonds affectés au Programme Alimentaire Mondial de l’ONU.
Alors que l’Europe avait ouvert ses frontières pour se reconstruire en 1945, elle tergiverse pour accueillir 160 000 réfugiés !
Certains avaient pu croire en des lendemains meilleurs après la chute du mur de Berlin : en 26 ans (de 1989 à 2015), le nombre de murs érigés (d’un coût moyen de 2 à 6 millions d’euros par km, sans leur militarisation) est passé de 15 à 66, représentant près de 15% de la longueur des frontières ! Déjà en son temps, le physicien Newton regrettait que "les hommes construisent trop de murs et pas assez de ponts".
Ces murs, loin de conjurer les flux migratoires, l’incursion de terroristes, le trafic de drogue ou la traite d’êtres humains, traduisent une crise identitaire - générée par une mondialisation dérégulée - et basée sur le fantasme d’une identité nationale homogène. Pourtant, toutes les nations se sont développées, non pas en reproduisant à l’identique "leur" national, mais en intégrant de l’inter-national. Croire avec le FN que la France va se survivre en se repliant sur ses valeurs, c’est signer là sa décadence puisque les migrants arrivant en France sont très qualifiés : leur insertion, loin d’être un fardeau, pourrait être un atout pour développer les villages et les campagnes qui se désertifient.

Et plus les citoyens croient se protéger en s’emmurant et plus les êtres humains qui fuient guerres et dictatures risquent leur vie en engraissant des passeurs et des trafiquants sans scrupules. Depuis 20 ans, 25 000 migrants sont morts en traversant la méditerranée (3 274 l’an dernier et encore plus pour 2015) et certains prétendent encore qu’on ne pourrait pas accueillir "toute" la misère du monde alors que les migrations s’effectuent surtout entre pays du Sud !

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Marie-Laure Morin
a été avocate au barreau de Toulouse, Directrice de Recherches au LIHRE-CNRS et Conseiller à la Cour de Cassation, est auteure de nombreux essais dont "Le droit des salariés à la négociation collective" et "Le guide des élections professionnelles" et est bénévole à la Cimade.

Eva Mella est diplômée de Sciences Po Toulouse, a travaillé en centre d’accueils pour demandeurs d’asile et travaille aujourd’hui à la Cimade. Avec chacune leur expérience et en juristes, elles nous donneront des repères pour comprendre les enjeux juridiques de la crise dite migratoire actuelle, compte tenu de l’évolution tant européenne que française du droit des migrations (notamment en France la réforme récente du droit d’asile et le projet de loi relatif au droit des étrangers). Elles nous parleront également de l’action de la Cimade, qui défend la dignité et les droits des migrants, réfugiés et demandeurs d’asile (http://www.lacimade.org/).


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