Depuis longtemps, je suis troublé par les similitudes entre le communisme et le sionisme. Soit deux utopies radicales contemporaines qui se donnaient l’émancipation collective d’êtres humains comme objectif mais qui ont muté en caricatures criminelles. Perçues aujourd’hui comme diamétralement opposées, ces deux utopies ont pu un temps se rejoindre. Dans ma famille juive communiste, on eut pendant quelques années le droit d’aimer en même temps Israël qui venait de naître et l’Union soviétique qui fut la première à reconnaître l’État juif. Sur ordre du Parti, des Juifs communistes partirent se battre en 1948 dans les rangs du Palmakh contre les « féodaux arabes ». Notre bibliothèque familiale débordait d’ouvrages interchangeables évoquant l’avenir radieux que bâtissaient des hommes et des femmes chevauchant des tracteurs et régénéré•es par la vie au grand air du kibboutz ou du sovkhoze.
Henri Goldman, 22 mai 2026
Entre les lignes, entre les mots