Cinéma-débat : " Atelier de conversation "

mardi 6 février 2018
par  Universite Populaire Toulouse
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L’Université Populaire de Toulouse vous invite le jeudi 15 février au cinéma ABC à 20H30.

Un film de Bernhard Braunstein

Dans l`une des plus grandes bibliothèques (la BPI) de la ville de Paris, des gens venus des quatre coins du monde se retrouvent chaque semaine pour pratiquer le français à l’"Atelier de conversation". Des réfugiés de guerre et des personnes chassées de leur pays par des persécutions politiques côtoient des hommes d`affaires et des étudiants sans souci. Pour différents qu’ils soient, les participants partagent un objectif commun : ils se débattent avec une nouvelle langue

Bernhard Braunstein et les ateliers de conversation de la Bpi

A la Bpi, les ateliers de conversation ont été créés en 2010 à l’initiative de Cécile Denier qui dirige aujourd’hui le service autoformation de la Bpi. Il s’agissait à l’époque de proposer au public de l’autoformation, et particulièrement aux apprenants de français langue étrangère, des ateliers de pratique de la langue afin de compléter des séances d’apprentissage en autonomie sur les méthodes de langue. Chaque semaine, un groupe d’une quinzaine de personnes se réunit donc depuis près de sept ans pour pratiquer le français à la bibliothèque. Bernhard Braunstein faisait partie des premiers participants. Autrichien, il ne parlait pas un mot de français à son arrivée en France. Lors de sa présentation du film, il raconte comment il avait pris l’habitude de venir dans l’espace autoformation. Un jour, il voit une petite affiche sur le bureau d’information proposant des ateliers de conversation. Il s’inscrit et découvre dans une toute petite salle un groupe hétéroclite venu, comme lui, apprendre le français. Son oeil de documentariste a tout de suite repéré le potentiel de ces cafés du monde. En effet, au delà de l’aspect pédagogique, les ateliers réunissent des personnes venant du monde entier aux destins parfois extrêmement romanesques.

Un film pour raconter le monde

Pour son film, Bernhard Braunstein a choisi de mettre en avant des portraits de participants et de valoriser leur parole. Il a posé sa caméra au milieu du cercle en plan très serré sur le visage de chacun comme pour mieux capter leur parole. Le film retranscrit l’émotion qui survient parfois lors de ces ateliers : la nostalgie du pays d’origine, le sentiment de solitude, l’espoir d’une vie meilleure… Les émotions primordiales comme la joie, la tristesse, la colère, l’amour structurent le film. Ces ateliers hebdomadaires ont permis aux participants de créer des liens très forts, des amitiés qui perdurent. Au début de chaque atelier, l’animateur rappelle la règle : on ne parle qu’en français et on n’aborde pas les problèmes politiques et le sujet de la religion. Bien évidemment, cette règle est bien souvent transgressée. La politique s’invite souvent dans la discussion et suscite des débats des plus intéressants. La confrontation des points de vue de personnes venant de Syrie, des Etats-Unis, d’Inde ou de Chine sur, par exemple, la place de la femme ou les inégalités entre les riches et les pauvres, donne à entendre un débat d’idées d’une rare richesse. Chacun s’exprime avec tolérance et respect de la position de l’autre car le cadre de l’atelier de conservation reste un espace de liberté d’expression où tous sont égaux. Les inégalités qui existent dans les pays d’origine sont ici abolies : un jeune Kurde de Turquie ayant connu la prison peut parler sans crainte avec un ancien juge turc !