Conférence-débat : " Podemos, exemple à suivre ? "

mardi 7 novembre 2017
par  Universite Populaire Toulouse
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Les élections comme stratégie de prise de pouvoir - Mouvement ou cartel ?

L’Université Populaire de Toulouse invite Jaime Pastor le mardi 14 novembre à 20H30 au Bijou, 123 avenue de Muret, Toulouse.

Jaime Pastor est professeur de sciences politiques [rapporteur dans le jury de thèse de Pablo Iglesias] et intellectuel historique du mouvement trotskiste en Espagne. Il est membre d’Izquierda Anticapitalista, courant trotskiste qui fait partie de Podemos.

Il existe une multitude de textes, documents et interviews concernant Podemos ; et nous en publierons un certain nombre dans les jours à venir. L’histoire a été maintes fois racontée et ce ne sera donc pas cela que nous traiterons en premier lieu avec Jaime Pastor.

Ce qui nous paraît important, c’est de revenir sur les conditions qui ont permis, en Espagne, à un mouvement social de grande ampleur (M15 - Indignados) de se transformer en un mouvement/parti qui va, au détour des consultations électorales, devenir une force politique de premier plan.

En France, le mouvement social du printemps 2016 à contribué à réduire à peu de chose le PS et, couplé avec la « dynamique » Nuits Debout, à « légitimer » la France Insoumise qui s’est, dans un premier temps, développée à la lisière de ceux-ci puis, dans un second, affirmée dans l’arène électorale en devenant, de facto, quasi-incontournable.

Au delà de ces constats et des analyses, nombreuses, qui sont consacrées à ces deux « phénomènes », ce qui nous apparaît fondamental concerne la dynamique de conquête du pouvoir, et plus particulièrement, la question des outils nécessaires pour y parvenir.
Un autre élément du débat qui nous parait important concerne la prise de ce même pouvoir. Peut-elle ne se situer que sur le terrain électoral ?

D’une certaine façon, l’irruption de Podemos dans le champ politique semble avoir scellé la réponse à cette question pour un bout de temps. Cela fait un long moment que plus personne n’imagine prendre le pouvoir façon « Prise du Palais d’Hiver » comme en 1917, ou bien par une insurrection (la prise de la Bastille) ou, plus « simplement » encore, en déclenchant une grève générale pour chasser un gouvernement.

Donc, quand on discute stratégie au 21ème siècle, c’est bien de stratégie électorale dont il est question. Celle-ci a largement conditionné les pratiques de la gauche et de la gauche radicale, particulièrement la question des alliances ? Et ceci pour le meilleur mais aussi pour le moins bon…

L’échec de Siryza en Grèce (car c’est bien d’un échec dont il est question) nous concerne tous. Car, au delà des aspects de celui-ci qui sont « intrinsèquement » liés aux caractéristiques propres de la situation grecque, c’est bien l’incapacité de la gauche, qu’on la qualifie de radicale ou pas (à ce stade, de l’analyse, cela n’a que peu d’intérêt), à construire une mobilisation à l’échelle de l’ Europe pour desserrer l’étau de la Troika qui a décrédibilisé la notion de regroupement ou d’unité de la gauche. On pourrait ajouter que cela nous renvoie, par analogie, à tous les débats qui ont marqué le 20ème siècle autour de « la construction du socialisme dans un seul pays ». Imaginons que le gouvernement Tsipras n’ai pas cédé en 2015, l’expérience aurait-elle pu perdurer seule sans qu’un certain nombre d’autres pays rejoignent cette dynamique ? Il est permis d’en douter.

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Enfin l’expérience de Podemos, et des différents courants qui cohabitent en son sein, va sans doute intéresser les militant-es français-es au plus haut point… Faut-il entrer dans la France Insoumise ? Et y maintenir, ou pas, son courant politique ?